Aller au contenu principal

17 documents tagués avec "Psychologie"

Pages liées à la psychologie cognitive, sociale ou comportementale.

Voir tous les tags

Biais d'ancrage

Le biais d'ancrage (anchoring bias) désigne la tendance à s'appuyer excessivement sur la première information reçue (l'"ancre") lors d'une estimation ou d'une décision, même quand cette information est arbitraire ou sans rapport logique avec la question posée. Étudié en détail par Amos Tversky et Daniel Kahneman dans leurs travaux fondateurs sur les heuristiques de jugement (1974), qui vaudront plus tard à Kahneman le prix "Nobel" d'économie (2002).

Biais de confirmation

Le biais de confirmation (confirmation bias) désigne la tendance systématique à rechercher, interpréter et se rappeler l'information d'une manière qui confirme ses croyances préexistantes, tout en accordant moins de poids aux informations qui les contredisent. C'est probablement le biais cognitif le plus étudié et le plus cité en psychologie — Raymond Nickerson, dans sa synthèse de référence de 1998, le décrit comme pouvant à lui seul expliquer une part significative des désaccords humains persistants.

Conformisme social — Expériences d'Asch

Le conformisme social désigne la tendance à aligner ses opinions ou comportements sur ceux d'un groupe, même face à l'évidence contraire. Le psychologue Solomon Asch en fait la démonstration expérimentale la plus célèbre en 1951, avec un protocole d'une simplicité trompeuse.

Dissonance cognitive

Théorisée par le psychologue social Leon Festinger en 1957, la dissonance cognitive désigne l'inconfort psychologique ressenti lorsqu'une personne détient simultanément deux cognitions (croyances, attitudes, comportements) en contradiction l'une avec l'autre — par exemple, se percevoir comme quelqu'un de rationnel tout en réalisant qu'on vient de prendre une décision manifestement irrationnelle. Cet inconfort pousse à agir pour le réduire, souvent en modifiant ses croyances plutôt que ses actes déjà accomplis.

Dopamine et système de récompense

La dopamine est un neurotransmetteur (une molécule qui permet la communication entre neurones) au cœur du système de récompense du cerveau. Contrairement à une idée reçue très répandue, elle ne code pas principalement le plaisir ressenti — son rôle central, mis en évidence par des décennies de neurosciences, concerne davantage la motivation, l'anticipation et l'apprentissage de ce qui prédit une récompense.

Effet Barnum

L'effet Barnum (aussi appelé effet Forer, ou effet de validation subjective) désigne la tendance à considérer comme précises et personnellement pertinentes des descriptions vagues et génériques, au point de les percevoir comme spécifiquement adaptées à soi-même — le mécanisme central derrière l'astrologie, la voyance, et une bonne partie des tests de personnalité pop-psychologiques.

Effet de halo

L'effet de halo (halo effect) désigne la tendance à généraliser une impression positive (ou négative) formée à partir d'un seul trait à l'ensemble du jugement porté sur une personne, un produit ou une marque — "il est beau, donc il doit aussi être intelligent et compétent" est l'exemple type. Le terme est introduit par le psychologue Edward Thorndike dès 1920, à partir d'observations sur la façon dont des officiers militaires évaluaient leurs subordonnés.

Effet Dunning-Kruger

En 1999, les psychologues David Dunning et Justin Kruger (Cornell University) publient une étude qui deviendra l'un des biais cognitifs les plus cités — et les plus mal résumés — de la psychologie populaire : les personnes les moins compétentes dans un domaine ont tendance à surestimer leur compétence, faute justement des connaissances nécessaires pour évaluer correctement leur propre niveau.

Effet spectateur

L'effet spectateur (bystander effect) désigne le phénomène par lequel un individu est moins susceptible d'intervenir pour aider une personne en détresse quand d'autres témoins sont présents — contre-intuitif, puisqu'on pourrait s'attendre à ce que plus de témoins augmente les chances qu'au moins un intervienne.

Expérience de Milgram — Obéissance à l'autorité

En 1961, le psychologue Stanley Milgram (Yale University) lance une série d'expériences qui restent parmi les plus discutées de l'histoire de la psychologie — motivées en partie par le procès d'Adolf Eichmann, dont la défense reposait sur "l'obéissance aux ordres". La question posée : jusqu'où une personne ordinaire ira-t-elle dans l'obéissance à une autorité, même quand cela implique de faire du mal à autrui ?

Expérience de Stanford — Rôles et institutions

En 1971, le psychologue Philip Zimbardo (Stanford University) met en place une expérience visant à étudier l'effet de l'attribution de rôles ("gardien" vs "prisonnier") sur le comportement d'individus par ailleurs ordinaires. Longtemps présentée comme une démonstration frappante du pouvoir des rôles institutionnels, elle fait aujourd'hui l'objet d'une révision critique majeure qu'il est essentiel de connaître pour la comprendre correctement.

Les principes d'influence de Cialdini

Dans Influence: The Psychology of Persuasion (1984), le psychologue social Robert Cialdini synthétise, à partir d'observations de terrain (formé notamment en immersion dans des équipes de vente, de marketing et de collecte de fonds) et d'expériences en laboratoire, six principes psychologiques exploités systématiquement pour obtenir la conformité (compliance) d'autrui. Un septième principe (l'unité) a été ajouté dans une édition ultérieure (2016).

Manipulation psychologique

La manipulation psychologique désigne l'usage de tactiques d'influence indirectes, trompeuses ou coercitives pour altérer les perceptions, les émotions ou le comportement d'une personne, à l'avantage du manipulateur et souvent au détriment de la personne visée — à distinguer de la persuasion légitime, qui repose sur des arguments transparents que la personne reste libre d'évaluer et de rejeter.

Renforcement intermittent

Découvert (en partie par accident) par le psychologue béhavioriste B. F. Skinner dans les années 1950, le renforcement intermittent désigne un principe d'apprentissage contre-intuitif mais extrêmement robuste : une récompense délivrée de façon imprévisible génère un comportement plus persistant et plus résistant à l'extinction qu'une récompense délivrée systématiquement à chaque fois.

Résilience psychologique

La résilience désigne la capacité à maintenir ou retrouver un fonctionnement psychologique sain après une épreuve, un traumatisme ou une adversité significative — un concept popularisé en langue française notamment par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, et étudié depuis les années 1970-80 en psychologie développementale anglo-saxonne (notamment les travaux longitudinaux d'Emmy Werner sur l'île de Kauai).

Théorie de l'attachement

Développée par le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby à partir des années 1950, puis validée expérimentalement par sa collaboratrice Mary Ainsworth, la théorie de l'attachement décrit comment le lien précoce entre un enfant et ses figures d'attachement (parents ou personnes en charge des soins) façonne durablement sa façon de se relier aux autres tout au long de la vie.

Traumatismes intergénérationnels

Le traumatisme intergénérationnel (ou transgénérationnel) désigne la transmission des effets psychologiques d'un traumatisme d'une génération à la suivante, sans que la génération suivante n'ait elle-même vécu l'événement traumatique d'origine. Un champ de recherche né dans les années 1960 à partir de l'observation clinique des enfants de survivants de l'Holocauste, depuis étendu à de nombreux autres contextes (guerre, esclavage, colonisation, violences familiales, migrations forcées).